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Theranojet®ARA : un tournant pour la radiothérapie interne vectorisée à l’hôpital Saint-Louis !

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Le service de médecine nucléaire de l’hôpital Saint-Louis se modernise avec l’installation d’un Theranojet®ARA ! Développé par l’hôpital Beaujon, en collaboration avec Lemer Pax, ce système innovant permet l’administration intraveineuse radioprotégée de médicaments utilisés en radiothérapie interne vectorisée. Au quotidien, ce dispositif blindé fait la différence : les soignants sont moins exposés aux rayonnements ionisants et les pertes de produit sont quasi nulles. Pour les patients, c’est la promesse d’examens plus rapides et plus confortables. Dans un moment d’attente entre deux étapes de l’examen, nous avons pu interroger Taly Méas, endocrinologue intervenant notamment en radiothérapie interne vectorisée dans le service, Anaëlle Berdah et Sandrine Damour, respectivement manipulatrice radio et infirmière au sein du service, afin de recueillir leur retour d’expérience sur l’utilisation quotidienne du Theranojet®ARA.

Qu’est-ce que le Theranojet®ARA et à quoi sert-il ?

Taly : C’est un injecteur plombé qui permet d’administrer des médicaments radiopharmaceutiques par voie intraveineuse de manière sécurisée.

Anaëlle : Plus précisément, il sert à administrer un médicament, le Lutétium – 177 PSMA, à des patients atteints de cancer de prostate. Nous irradions l’ensemble des cellules tumorales puis nous réalisons des images pour comparer la tumeur avant et après traitement. Il y a de bons résultats, et cela peut prolonger la vie des patients de six mois à deux ans !

Taly : Aujourd’hui, nous traitons un homme atteint d’un cancer de la prostate métastatique résistant. Concrètement, nous l’accueillons et l’installons dans la salle, puis nous l’hydratons par voie intraveineuse pendant trente minutes. Ensuite, nous injectons le médicament radiopharmaceutique à l’aide du Theranojet®ARA puis nous rinçons les tubulures ainsi que le flacon afin de retirer les résidus de produit. Nous continuons d’hydrater le patient pendant quatre heures pour lui permettre d’éliminer, par les urines, ce qui ne va pas se fixer sur les métastases. C’est pendant les premières heures que la radioactivité des urines est la plus importante. Le patient reste avec nous en observation pendant environ six heures, mais il n’est relié à l’injecteur qu’une heure, le temps de l’hydratation et de l’injection.

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Qu’est-ce que ce dispositif change pour les manipulateurs dans la pratique quotidienne ?

Anaëlle : Aujourd’hui, c’était la première fois que je manipulais le Theranojet®ARA en autonomie. Une procédure a été établie par notre radiopharmacienne, qui avait également préparé le produit en amont, donc nous n’avions plus qu’à installer le kit et lancer l’appareil. Pour nous, manipulateurs, c’est simple, plus rapide et il y a moins de risques de contamination puisque le flacon de produit est placé dans une enceinte de protection blindée. Le fait que ce soit en hôpital de jour change aussi beaucoup : avant, l’injection se faisait dans une salle plombée, ailleurs dans l’hôpital, alors que désormais, le patient reste avec nous, ce qui nous permet de nous en occuper tout en gérant d’autres tâches. L’objectif est de former l’ensemble des manipulateurs dans l’année afin de pouvoir développer l’activité.

Du point de vue des patients, quels sont les principaux bénéfices de ce traitement par Lutétium – 177 PSMA ?

Taly : Il y a peu d’effets secondaires par rapport à la chimiothérapie qui est souvent mal supportée. Ce traitement est habituellement bien toléré. En revanche, il faut rester vigilant sur la dose cumulée de radioactivité, car à moyen et long terme, cela peut avoir un impact sur la production des cellules hématopoïétiques et sur le rein.

Et pour les soignants ?

Taly : D’une part, nous sommes moins exposés aux rayonnements ionisants, et d’autre part, nous avons la possibilité d’injecter la totalité du médicament. L’ancien dispositif n’avait rien à voir avec le Theranojet®ARA : nous aspirions le produit en créant un vide dans le flacon, grâce à ce que l’on nomme une « pompe à gravité ». Avec ce système, le flacon restait posé, et il y avait toujours un peu de produit qui restait à l’intérieur. Désormais, nous pouvons le retourner, le rincer et quasiment tout récupérer.

Anaëlle : Par exemple, concernant le patient que nous accueillons ce matin, il ne reste plus que 25 mégabecquerels sur 7400, soit des traces de produit. Avant, nous atteignions rarement mieux que 200 Mbq, et nous nous situions plutôt autour de 300 à 400.

Taly : Cela permet d’éviter le gaspillage, car tout est très coûteux : le flacon, les kits et le Theranojet®ARA lui-même…

Avec l’essor de la théranostique, quelles perspectives ce type de technologie ouvre-il en médecine nucléaire ?

Sandrine : Nous utilisons le Theranojet®ARA pour le Lutétium, mais il peut aussi être utilisé pour d’autres médicaments, notamment pour certains traitements de tumeurs digestives neuro-endrocrines comme le Lutathéra. C’est un domaine porteur qui fait l’objet de nombreuses études et d’investissements !

L’acquisition du Theranojet®ARA a été arbitrée par le DMU DREAM dans le cadre du plan d’équipement 2025. Avec ce nouveau dispositif, le DMU DREAM renouvelle son engagement en faveur de la prévention des risques professionnels et entend renforcer la sécurité des soignants qui œuvrent chaque jour au service des patients.

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